Témoignage

A diverses occasions, des membres de Greg Allure et des proches de Grégoire, notamment ses parents, ont été amenés à apporter leur témoignage, en face à face individuel, devant un groupe d’élève, ou à l’antenne de la radio face au grand public. Extrait du témoignage des parents de Greg :

En 2007, Grégoire perdait la vie dans un accident de la route. Il avait 23 ans. Il était passager d’un véhicule qui circulait au double de la vitesse autorisée.
Les 3 autres personnes qui se trouvaient dans le véhicule ont été blessées lors de cet accident. Le chauffeur a été grièvement blessé. Ses blessures le laissent handicapé.

Lorsqu’on vient vous informer d’un tel drame, c’est un véritable raz-de-marée qui éclate dans votre vie. C’est d’une telle violence qu’il n’y a pas de mots pour décrire la souffrance ressentie. Tous les repères volent en éclat.
Être victime, c’est subir ce choc qui frappe tout votre être. C’est l’atteinte à votre être sans aucune possibilité de pouvoir changer quoi que ce soit à ce qui arrive. Nous restons dans l’impuissance et, dans ce chaos, le pari est celui de vivre.

Des personnes sont à nos côtés, pensent à nous ou prient pour nous. Tout cet élan de solidarité est comme un filet qui nous soutient pour nous rattacher au monde des vivants.

Le rythme de notre société est tel qu’après 6 mois, on doit passer à autre chose et ne plus en parler au risque de définir votre deuil comme pathologique.
Le rythme de la victime est pourtant bien différent et nous sommes reconnaissants aux personnes qui ont su accueillir la souffrance sans vouloir nous emmener là où nous n’étions pas.
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Dans un tel événement, le jardin intérieur fait table rase de toutes les croyances et de toutes certitudes. C’est une terre qui semble désertique et aride passant par des états d’âme différents. Grande est la tentation de s’enfermer dans la douleur et de sombrer dans la folie ou au contraire de l’occulter par tous les moyens possibles.

Avec le temps, nous avons compris que nous n’avions aucun pouvoir sur ce qui était arrivé mais que notre liberté pouvait s’exercer sur ce que nous faisons de ce qui nous arrive. L’énergie mise dans cette perspective devient force et vie.

Lors du dernier adieu de Grégoire, lorsque nous avons posé la question du pourquoi à une maman ayant vécu le même drame que nous, cette dernière nous a simplement répondu : ne dites pas pourquoi mais pour quoi, en vue de quoi ? Si difficile au cœur de la tempête, cette parole est tombée au creux de notre oreille.

Cela aurait été un grand malentendu, même un vrai scandale que tout finisse au bord d’une route. Il était intolérable de parler de fatalité. De tout ce chaos, il était essentiel qu’éclate la vie.
Il devenait évident que nous devions empêcher que d’autres drames comme celui que nous vivions se reproduisent. De là est venue l’idée de la création du collectif Greg Allure développant des actions de prévention routière.

Greg Allure est un collectif (famille, amis de Greg, nos amis, autres victimes de la route, personnes interpellées et concernées par cette problématique). C’est aussi un ruban offert à qui le désire et qui peut être placé dans un véhicule pour rappeler que chaque conducteur doit respecter la vie des autres et sa propre vie.
Ce ruban a été proposé dans des manifestations. Actuellement, nous en avons distribué plus de 4000. Sur la demande de parents ayant malheureusement vécu le même drame que nous, nous avons également créé des rubans Jonh Allure et Sim Allure. L’idée est également d’offrir ce ruban aux personnes qu’on aime, comme cette grand-maman qui l’a distribué à ses petits enfants conducteurs.

Greg Allure ce sont aussi des témoignages dans des lieux de formation.

C’est également l’organisation de la journée mondiale du souvenir des victimes de la route. Une journée pour sensibiliser le public mais également donner de la place aux victimes afin qu’elles puisent s’exprimer.

Le collectif Greg Allure a également mis sur pied un concours de clips vidéo de prévention routière et un site Internet.

Si notre action pouvait empêcher qu’une seule famille passe Noël sans l’un des siens, nous aurions atteint notre objectif.